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On les appelle de nos jours les bobos parvenus ! Mais XVIIe ou XXIe siècle, même combat : montrer leur ascension économique est leur objectif avec, pour corollaire, le reniement de ce qu’ils ont été. Le M. Jourdain de Molière, bourgeois qui se veut gentilhomme, est de toute éternité ! Le regarder se dépatouiller dans ses nouvelles habitudes, asseoir son autorité en dépit de ses complexes d’infériorité, se laisser impressionner par les petits malins qui veulent le manipuler est un régal ! Avec cette production, le régal est aussi dans la mise en scène de Catherine Hiegel, qui a choisi de restituer la pièce de Molière dans son intégralité, avec passages musicaux et intermèdes dansés, ce qui est rare. Par ailleurs, si elle a conservé le contexte de l’époque, elle y a glissé des clins d’oeil parodiques et réjouissants qui donnent une saveur piquante à tout le spectacle. Enfin, le régal est encore dans l’interprétation de François Morel. On a vu des M. Jourdain de toutes sortes : présomptueux, bravaches, ridicules ou stupides… Celui de François Morel est original, avec une candeur qui, sans lui enlever son comique ni la satire, en devient quasiment poétique!
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